Blog « Traces et Mémoire »

Bienvenue sur les carnets d'histoire du Luxembourg belge !
Nous vous invitons à remonter le temps, à redécouvrir les traces du passé.
Faits de la grande et de la petite Histoire, gestes et savoir-faire, traditions et folklore, personnages réels ou légendaires... Au travers des articles du blog, nos rédacteurs, nos ambassadeurs et vos coups de cœur contribueront à faire revivre l'Ardenne et la Lorraine d’autrefois.

Sur les traces de la Bataille des Frontières

29
août
2015

Par 29 août 2015 Catégories 1ère Guerre mondiale Pas de commentaires

La Bataille des Frontières aujourd’hui, quelles traces pour les nouvelles générations?

 

Cet été 2016, on commémore le 102ème anniversaire de la Bataille des Frontières. Un siècle plus tard, que reste-il de ces terribles affrontements qui secouèrent le centre et le sud du Luxembourg belge? Comment transmettent aujourd’hui le souvenir aux nouvelles générations?

Dans cet article sont décrites toutes les « traces » qui façonnent notre province et qui nous permettent à nous, simples visiteurs ou curieux, d’appréhender au mieux le passé de ce territoire.

Ethe - Reconstitution "Sur les pas de la mémoire"

Ethe – Reconstitution « Sur les pas de la mémoire »

L’évolution des cimetières militaires

Les cimetières militaires sont l‘oeuvre de l’armée allemande, c’est-à-dire des troupes d’occupation. Dans un premier temps, les victimes de la bataille des Frontières sont enterrées là où elles sont tombées, dans des fosses communes ou individuellement. La liste des cimetières de la Première Guerre se trouve ici! 

© FTLB/ Baranzy cimetière franco-allemand

© FTLB/ Baranzy cimetière franco-allemand

Dans la seconde moitié de la guerre, elles sont exhumées pour être réunies dans des cimetières créés pour l’occasion. Ils sont relativement petits et nombreux car plusieurs par champs de bataille. Les Allemands ont apporté un grand soin à la conception, au plan de la nécropole, aux matériaux employés et aux monuments ajoutés. Ces nécropoles impliquent des soldats allemands, français ou bien des deux nationalités.

© FTLB/ Ethe- Laclaireau cimetière

© FTLB/ Ethe- Laclaireau cimetière

Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux petits cimetières disparaissent au profit de grandes nécropoles ou du rapatriement des corps. Dans la province, il en subsiste encore 11 contenant les victimes des deux nationalités mais aussi les défunts d’autres pays ou décédés plus tard pendant le conflit. Ce sont les cimetières d’Ethe, Anloy, Rossignol, Neufchâteau, Bertrix, Maissin, Baranzy, Virton, Houdrigny et Bellefontaine.

© FTLB- Rossignol cimetière

© FTLB- Rossignol cimetière

© FTLB - Maissin cimetière Pierre Massé

© FTLB – Maissin cimetière Pierre Massé

À ce groupe, il convient de rajouter les cimetières désaffectés d’aujourd’hui qui ont conservé des traces visibles et les carrés militaires à l’intérieur des nécropoles civiles (Arlon, Bouillon, Carlsbourg, Etalle, Grandménil, Halanzy, Robelmont, Rulles, Saint-Hubert, Sommethonne, Villers-devant-Orval, Villers-sur-Semois).

© FTLB - Rossignol entrée du cimetière

© FTLB – Rossignol entrée du cimetière

Les monuments en l’honneur des civils

Pendant l’invasion de 1914, de nombreuses exactions sont commises par l’occupant allemand sur les populations. En six jours, près de 900 hommes, femmes et enfants sont exécutés en Luxembourg belge en raison du fameux mythe du franc-tireur. Cette hantise allemande remonte à la guerre franco-prussienne de 1870 quand les « armées du peuple » harcelaient les troupes prussiennes. Les soldats de l’Empire craignent de se faire attaquer dans les villages par des habitants armés. Cette croyance est alimentée par les rumeurs, le stress, l’alcool, les traumatismes mais aussi les hallucinations et la paranoïa.

Dès la fin du mois d’août 1914, les autorités belges ordonnent des enquêtes sur ces massacres menées par le chanoine Schmitz, pour la partie témoignages et photographies, et le moine Dom Nieuwland de l’abbaye de Maredsous, pour les récits. Quelques mois plus tard, en mai 1915, sont publiés leurs rapports. Le Gouvernement belge en rédigera 22 qui serviront aux procès pour crimes de guerre à Leipzig en 1921.

© FTLB/ Ansart mausolée aux fusillés

© FTLB/ Ansart mausolée des fusillés

À titre d’exemple, nous pouvons citer les monuments situés à Ansart (mausolée des fusillés), Arlon (nombreux mémoriaux caractéristiques), Briscol et Heure (tragédie du 20 août 1914), Etalle (la plaque aux fusillés), Musson (portail de l’ancienne église), Rossignol (la croix des fusillés 26 août 1914), Tintigny (présence d’un vitrail dédié au curé du village et d’un monument original), etc.

© FTLB vitrail de Tintigny

© FTLB vitrail de Tintigny

Lecture des monuments aux morts

Dans presque toutes les localités de la province, nous pouvons trouver des monuments commémorant le souvenir des populations exécutées ou des hommes du villages tombés lors des combats. Souvent situés près de l’église, dans le cimetière, sur la place du village ou dans un lieu emblématique tel que l’école, ces mémoriaux font aujourd’hui partie du décor et peu en connaissent leur histoire. Retrouvez la liste complète sur notre site, cliquez ici!

La plupart d’entre eux ont été érigés entre 1920 et 1925. Ils répondent à une nécessité, à savoir aider les survivants à donner un sens à la mort. Ils sont dressés pour commémorer le souvenir de la perte brutale des civils et la mort héroïque des combattants. Ils doivent être vus par le plus grand nombre afin de transmettre ce message. Ils veulent également évoquer la lutte pour la défense de la patrie, la souffrance, l’injustice, le deuil, le sacrifice et l’espérance.

© FTLB / Mormont monument aux morts

© FTLB / Mormont monument aux morts

Comment se présentent-ils?

Ces « monuments aux morts » peuvent prendre différentes formes selon les desiderata des commanditaires (citoyens, administration communale, anciens combattants, etc.): statuaire, colonne, obélisque, pierre dressée vers le ciel, croix, calvaire, stèle ou encore chapelle, calvaire ou mausolée. Ils sont réalisés, pour la plupart, en pierre ou bien en marbre. On en retrouve également en brique, en bronze ou en plâtre.

Les noms gravés défilent dans des colonnes bien distinctes: les soldats, les volontaires de guerre, les victimes civiles, les déportés, les lieux de décès et les survivants revenus de l’enfer.

© FTLB/ Virton monument aux morts

© FTLB/ Virton monument aux morts

Les symboles sculptés ou gravés

Pour communiquer un message, il faut utiliser des symboles riches de sens et compréhensibles par le plus grand nombre. Dans ce cas-ci, la figure féminine est largement répandue et personnifie aussi bien la Vierge que la Victoire, la Patrie ou la mère/veuve endeuillée. D’autres symboles complètent ce panel: le soldat et son équipement militaire, l’enfant, le vieillard ou encore Saint-Michel, le patron des armées célestes.

© FTLB / Rossignol

© FTLB / Rossignol

© FTLB/ Tintigny monument aux morts

© FTLB/ Tintigny monument aux morts

À cela s’ajoute une panoplie d’emblèmes. Ils peuvent être religieux (croix, ange, calvaire, etc.), nationaux (drapeau, lion, coq, aigle, effigie des souverains, blason communal, etc.) ou incarnés la paix (laurier, olivier, colombe, couronne, etc.)

© FTLB/ Bouillon monument aux morts

© FTLB/ Bouillon monument aux morts

Les musées, lieux de réflexion et de transmission de la mémoire

Le musée Baillet-Latour et de la guerre en Gaume (Latour)

Ce musée est consacré à la fois à la bataille des Frontières et aux comtes Baillet-Latour dont Maximilien, général de l’Ancien Régime. Plusieurs salles présentent les objets issus des batailles d’Ethe et de Virton ainsi que des témoignages des massacres civils d’août 1914. Une bibliothèque spécialisée est aussi accessible au public.

Rue Baillet-Latour 24, 6761 Latour

Tel: +32(0)63 57 01 15 ou +32(0)63 57 77 58

www.villagedelatour.be – jeaudauphin@skynet.be ou freddy.brisy@skynet.be

 

© Musée Baillet Latour

© Musée Baillet Latour

Le musée gaumais

Le musée est spécialisé dans l’histoire, l’art, l’archéologie et l’ethnographie du pays gaumais. Sur la Grande Guerre, il conserve une collection d’aquarelles du peintre Nestor Outer qui a consacré une partie de sa production aux événements d’août 14 (voir notre autre article de blog « Sur les pas de Nestor Outer à Virton »). Il est dépositaire depuis peu d’un fonds privé d’armes et de costumes militaires, avec notamment des pièces de la Première Guerre.

Rue d’Arlon 38-40, 6760 Virton

Tel: +32(0)63 57 03 15

www.musees-gaumais.be – courrier@musees-gaumais.be

 

Le musée de l’infanterie

Le camp militaire de Stockem héberge le musée de l’infanterie belge. Des mannequins, des dioramas et des vitrines contenant armes, uniformes et décorations y présentent l’évolution du fantassin de 1830 à nos jours, en ce compris la Première Guerre mondiale.

Quartier Général Bastin

Route de Bouillon 88, 6700 Arlon

Tel: +32(0)63 24 71 09 – guy.klinkenberg@mil.be

Le musée « Général Jacques »

Dans ce lieu sont exposés une centaine d’objets évoquant les grandes étapes de la vie du général, un héros de la bataille de l’Yser.

Caserne Ratz

Rue Sergent Ratz, 6690 Rencheux

Tel: +32(0)80 40 02 02 – www.vielsalm-gouvy.be

Les circuits touristiques, itinéraires de mémoire

Avide de balades et de découvertes grandeur nature? Plusieurs localités proposent des parcours matérialisés par des panneaux explicatifs ou développés sur un support papier:

  • Arlon en 1914. Sur les traces des monuments et plaques commémoratives. Balade à pied au départ du Royal Office du Tourisme, rue des Faubourgs 2 à Arlon. Info@arlon-tourisme.be, visite guidée sur réservation.
  • Anloy: 18 étapes (village et forêt) pour un parcours à faire à pied ou à vélo (2h30). 1ère étape, rue Burnaumont. www.surlestracesde14-18.be, www.lamerci.be, visite guidée (8km) sur réservation.
© Sur les traces de 14-18 - Anloy

© Sur les traces de 14-18 – Anloy

  • Latour: le circuit des fusillés est une visite guidée (7km) disponible sur réservation qui vous emmène sur les lieux du destin tragique des habitants de la localité. Il débute au musée Baillet-Latour et de la guerre en Gaume. www.villagedelatour.be; www.soleildegaume.be
  • Neufchâteau: nos mémoires vivantes. Panneau général (rue Saint Roch) localisant 19 points d’intérêt développés sur un dépliant. www.foret-anlier-tourisme.be
  • Porcheresse: sur les traces d’une des premières actions humanitaires internationales. Projet d’aménagement d’un circuit relatant l’histoire du village martyr incendié à l’aube de la guerre. L’attrait touristique est notamment la présence des « maisons du comité » construites dès 1915. http://museedusabot.jimdo.com
© Fondation Merci - Rossignol

© Fondation Merci – Rossignol

  • Rossignol, www.surlestracesde14-18.be, www.lamerci.be, visite guidée (7,5 ou 11,5 km) sur réservation. Deux parcours sont proposés (2h ou 3h avec passage dans la forêt) afin de comprendre et de se souvenir de la tragédie qui frappa le village le 22 août. La balade, en boucle, débute à l’église où une borne interactive présente le circuit et permet de tester ses connaissances à la fin du parcours par un petit quiz. Ensuite, 22 panneaux relatent les évènements et abordent des thématiques diverses (uniforme des soldats, les cimetières, les témoignages, la reconstruction, etc.).
© FTLB / Rossignol

© FTLB / Rossignol

  • Chemins de la mémoire, circuit transfrontalier et balisé de plus de 500km. Dix balades, entre 35 et 80 km, vous permettent d’appréhender le conflit, et plus précisément la bataille des frontières, grâce aux 135 points d’information. Projet Interreg IV Grande Région, www.virton.be/Projet-Interreg lucie.aubry@publilink.be ou www.cheminsdememoire.eu/fr/
© Chemin de mémoire - groupe de reconstitution

© Chemin de mémoire – groupe de reconstitution

Les publications

Le guide illustré « Traces et Mémoire » du Luxembourg belge est toujours disponible gratuitement sur demande auprès de la FTLB, + 32 (0)84 411 011 ou info@ftlb.be ou sur le site Luxembourg-tourisme.be

© L'Avenir Luxembourg

© L’Avenir Luxembourg

Les informations pratiques

Consultez le site internet Luxembourg-Tourisme.be pour dénicher toutes les informations concernant les hébergements thématiques, les musées, les évènements et pour plus de précision, des fiches illustrées présentent et décrivent l’ensemble des monuments visibles sur la province.