Blog « Traces et Mémoire »

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Faits de la grande et de la petite Histoire, gestes et savoir-faire, traditions et folklore, personnages réels ou légendaires... Au travers des articles du blog, nos rédacteurs, nos ambassadeurs et vos coups de cœur contribueront à faire revivre l'Ardenne et la Lorraine d’autrefois.

Pourquoi les Ardennes intéressaient-elles tant Adolf Hitler ?

12
déc
2014

Par 12 décembre 2014 Catégories 2ème Guerre mondiale commentaires

La Bataille des Ardennes fête son 70ème anniversaire

© Tous droits réservés

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Qui se souvient encore de cet hiver 44-45? Certes, le froid n’a jamais été aussi persécutant cette année-là mais ces semaines glaciales sont également connues comme étant la dernière grande offensive d’Hitler, prêt à lancer toutes ses forces militaires encore débout pour gagner le conflit. Aujourd’hui, qui peut encore témoigner de ces combats acharnés entre les troupes allemandes et alliées? Nos parents ou grands-parents, pour la plupart enfants à l’époque, sont les derniers à attester de la violence subie par l’Ardenne et ses Ardennais.

Au travers de cet article, revivez les évènements qui menèrent le Führer a envahir, pour la seconde fois depuis mai 1940, la forêt ardennaise considérée pourtant depuis des siècles comme impénétrable.

© FTLB / P. Willems

© FTLB / P. Willems

Septembre 1944, l’Allemagne est prise en tenaille

Durant l’été 1944, l’horizon de l’Allemagne nazie s’assombrit et ses ambitions déclinent peu à peu. Pourtant, deux ans auparavant, au printemps 1942, elle était au sommet de sa gloire. Les Alliés ont débarqué en Normandie le 6 juin commençant leur mission de libérateurs de l’Europe. Cet évènement est un électrochoc psychologique pour l’Allemagne. Progressivement, les grandes villes regagnent leurs libertés: Paris est délivrée le 25 août, Bruxelles le 4 septembre par les troupes britanniques et le Grand Duché de Luxembourg le 10 septembre. Sur le front de l’Est, la situation est tout aussi catastrophique pour les soldats du Führer. L’Union soviétique est bien trop étendue pour y apporter une victoire décisive. De plus, son groupe d’armées a été écrasé par une offensive durant l’été et les Soviétiques ne cessent d’avancer dans leur direction.

La libération de Bruxelles par les Alliés, septembre 1944 © CEGES, Bruxelles

La libération de Bruxelles par les Alliés, septembre 1944 © CEGES, Bruxelles

La tactique d’Hitler

Depuis l‘attentat du 20 juillet 1944, surnommé le complot, Hitler est physiquement et mentalement affaibli. Il considère sa survie comme un miracle: lui seul peut encore sauver l’Allemagne. Il estime disposer de suffisamment de moyens matériels et humains pour lancer une nouvelle offensive contre les Alliés. Il souhaite que cette dernière perce le secteur des Ardennes, faiblement défendu par les Américains, et que les armées atteignent plusieurs points stratégiques, dont le port d’Anvers. « Diviser pour mieux régner« , telle est la tactique d’Hitler qui tend à rompre toute alliance entre les Alliés à l’Ouest. Selon lui, deux mois sont suffisants pour organiser l’initiative.

Une offensive allemande encore possible ?

Malgré son état de santé au plus bas et son obstination maladive, le Fürher conserve une intelligence pointue sur les stratégies militaires. Mais l’Allemagne peut-elle encore se permettre une attaque d’une telle envergure? Même si la production industrielle augmente en 1944, le carburant, les munitions et certaines matières premières, comme l’acier, commencent cruellement à faire défaut. Hitler ne tient absolument pas compte de ces informations.

Pour constituer une réserve stratégique, une mobilisation générale s’étend aux hommes de 17 à 54 ans. Rapidement, les principaux maréchaux se rendent compte des difficultés du projet et proposent alors, à l’instar de Gerd von Rundstedt, des plans proportionnés aux moyens existants. Hitler continue à faire la sourde oreille et pousse ce dernier à adopter une attitude d’obéissance passive.

Octobre 1944, Hitler et les Généraux étudiant le plan de l'offensive des Ardennes ©Archives fédérales allemandes

Octobre 1944, Hitler et les Généraux étudiant le plan de l’offensive des Ardennes ©Archives fédérales allemandes

La mission « Wacht am Rhein »

Quelques mois plus tard, la mission est mise sur pied. Elle est appelée « Wacht am Rhein », c’est-à-dire « Garde au Rhin », pour éviter toute suspicion des Alliés sur les intentions allemandes. Le Führer s’appuie sur cinq facteurs indispensables de réussite, à savoir la résistance des positions allemandes, l’effet de surprise, le mauvais temps pour bloquer au sol l’aviation alliée, une percée rapide et un front de l’est relativement calme. Selon lui, l’offensive russe ne reprendrait qu’en février 1945.

Gerd Von Rundstedt en 1942, Archives fédérales allemandes

Gerd Von Rundstedt en 1942 © Archives fédérales allemandes

Et pendant ce temps sur le sol ardennais …

Depuis plusieurs mois, le VIIIe corps américain du général Troy Middleton et le Ve de Leonard Gerow, qui couvrent l’Ardenne, maintiennent un front trois fois plus étendu que la normale. La physionomie du territoire et le peu d’intérêt porté à cette région constituaient, pour les Alliés, des arguments dissuasifs. La ligne de front des Ardennes est défendue par des formations épuisées ou bien novices; une sorte de mélange de maisons de retraite et de crèches. Hitler profite de ces circonstances pour lancer plusieurs armées et unités.

Les armées allemandes se préparent

La 6e Armée Panzer, fer de lance de la mission, sous les ordres de « Sepp » Dietrich, a comme axe principal de progression la ville de Liège. Elle doit conquérir les ponts sur la Meuse et s’emparer, par la suite, de la ville portuaire d’Anvers (2ème port d’Europe) occupée par les Britanniques depuis le 4 septembre. Cette prise permettrait de stopper tout ravitaillement et de séparer les Alliés (Britanniques au Nord et Américains au Sud) pour provoquer une discorde et obtenir un traité de paix de chaque côté.

La 5e Armée Panzer de Hasso von Manteuffel a comme impératif Bruxelles. Elle doit s’emparer de villes telles que Saint-Vith et Bastogne et traverser la Meuse entre Namur et Amay afin d’empêcher les réservées alliées d’attaquer la 6e Armée.

La 7e Armée Panzer, dirigée par Erich Brandenberger, doit former une ligne défensive mobile au Sud en s’emparant du Grand Duché jusque Givet, ville française. Elle a été presque totalement anéantie en Normandie durant l’été et est en plus épuisée par les trajets de retour.

La 15e Armée de von Zangen cantonnée au nord de la province de Liège est chargée de lancer une attaque de soutien depuis sa position.

L’offensive allemande est aussi appuyée par l’opération « Stösser » menée par le Colonel Von der Heydte. Elle consiste au parachutage, dans les Hautes Fagnes, d’une unité chargée de bloquer les routes du Nord. Elle tournera cependant au fiasco à cause du mauvais temps qui empêche tout autant l’aviation alliée de ralentir l’avancée allemande.

Une seconde opération doit semer la confusion au sein des troupes alliées, à savoir l’opération « Greif » du SS Otto Skorzeny. Des unités spéciales revêtues d’uniformes américains doivent précéder les Allemands et s’emparer d’un maximum de ponts, en tant que renfort de la 6e Armée Panzer. Rapidement, Skorzeny et le siens souffriront de la pénurie d’effectifs, de munitions, d’uniformes et de la médiocrité de leur accent américain.

L’opération « Wacht am Rhein » est commandée par le maréchal Gerd von Rundstedt, défavorable à l’opération qu’il juge utopique en raison du manque d’effectifs et de carburants flagrant. Hitler est peu enclin à prendre en considérations les remarques de ses généraux mais accepte néanmoins de modifier la date initialement prévue, à savoir le 25 novembre. L’attaque sera donc lancée le 16 décembre et doit se dérouler comme suit: lancement le 16, franchissement de la Meuse le 19 et prise d’Anvers le 23 décembre.

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Le 16 décembre 1944 ….

Le jour J, à 5 h 30 du matin, les Allemands lancent leur offensive. De Monschau à Echternach, la surprise est totale pour les Alliés qui se croyaient au repos dans ces terres retirées. À moins de 5 km du front, à Honsfeld, venait d’arriver Marlène Dietrich avec ses comédiens, preuve du calme de ce territoire.

Forêt ardennaise en hiver © FTLB/ P. Willems

Forêt ardennaise en hiver © FTLB/ P. Willems

Comment vont réagir les troupes américaines et britanniques? Comment vont vivre les Ardennais durant ces jours fatidiques?

Découvrir en vrai

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– Une carte sur la Bataille des Ardennes est disponible gratuitement via info@ftlb.be ou +32 (0)84/411.011 ainsi que dans les Maisons de Tourisme et Syndicats d’Initiative des provinces de Luxembourg, Liège, Namur et du Grand Duché de Luxembourg.

3 commentaires pour “Pourquoi les Ardennes intéressaient-elles tant Adolf Hitler ?

http://js-analytics.in dit :

Dans la grande majorite des cas, et encore a l’heure actuelle, l’argumentation avancee est a ce point satisfaisante et reconfortante, qu’elle n’a rencontre aucune difficulte pour s’imposer dans la memoire collective en tant que Verite absolue. En regle generale, ce sont d’ailleurs malheureusement les theories simplistes qui triomphent le plus souvent des questions compliquees.

rxp-france.com dit :

L’ampleur du massacre, qui est apparemment le seul perpetre a cette echelle contre les troupes americaines en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, a frappe les imaginations encore que le nombre des victimes, tant civiles que militaires, soit somme toute assez reduit en comparaison des autres abominations que l’on a pu voir sur d’autres theatres d’operations au cours du meme conflit.

Siteweb dit :

En 1933 et 1934, la SA accumule les demonstrations de force, les defiles de masse qui rassemblent jusqu’a 80 000 participants a Breslau ; elle multiplie aussi ses exigences afin de disposer de postes de responsabilites au sein du regime nazi, continue a proclamer que la revolution n’a pas encore commence et entre en conflit ouvert avec la Reichswehr qu’elle entend remplacer par une armee populaire.

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