Blog « Traces et Mémoire »

Bienvenue sur les carnets d'histoire du Luxembourg belge !
Nous vous invitons à remonter le temps, à redécouvrir les traces du passé.
Faits de la grande et de la petite Histoire, gestes et savoir-faire, traditions et folklore, personnages réels ou légendaires... Au travers des articles du blog, nos rédacteurs, nos ambassadeurs et vos coups de cœur contribueront à faire revivre l'Ardenne et la Lorraine d’autrefois.

Halloween en Luxembourg belge, petite histoire d’une fête ancienne

27
oct
2016

Par 27 octobre 2016 Catégories Traditions et Folklore Pas de commentaires

Halloween, une origine européenne

La fin du mois d’octobre annonce la chute des températures et des feuilles mais aussi la prolifération des décors, accessoires et costumes aux couleurs noires et orangées. Les porches des maisons se parent de lanternes, de citrouilles ou de toiles d’araignées ; tandis que les enfants, aidés de leurs parents, confectionnent le déguisement le plus horrible qui soit (monstre, sorcière, vampire, squelette, etc.). Halloween approche à grand pas. (D’ailleurs, redécouvrez notre article sur les sorcières d’Ardenne).

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© FTLB/ P. Willems

Découvrir en vrai

Depuis plusieurs années, cette fête a pris du galon en Luxembourg belge et plus généralement en Belgique et en France. Découvrez tous nos événements ici!

Au-delà de l’aspect purement commercial (les magasins regorgent de gadgets en tous genres « spécial Halloween » depuis de nombreuses semaines), quelle est l’origine de cette festivité nocturne qui ravit aujourd’hui aussi bien les grands que les petits ? Est-elle une invention américaine ? C’est ce que nous allons découvrir.

FTLB/ P. Willems

© FTLB/ P. Willems

Une origine celtique ? Païenne ? Chrétienne ?

Première observation, la fête d’Halloween n’est pas née aux Etats-Unis ni au Canada. En effet, il faut attendre le milieu du XIXème siècle pour qu’elle soit mentionnée dans la presse outre-Atlantique (principalement des comptes-rendus d’événements).

Son origine est bien plus complexe que l’on ne croit ! Elle serait inspirée de la Samain, une célébration celte qui se situait également à la fin octobre et qui était célébré en Irlande, en Ecosse, dans les îles britanniques et en Gaule.

© FTLB/ P. Willems

© FTLB/ P. Willems

Qu’évoque la Samain ? Rassemblant l’aristocratie et les druides, qui sont les savants et religieux de l’époque, cette fête marque le passage de la saison claire à la saison sombre, la fin de la belle saison au début de l’hiver. La terre va prendre du repos bien mérité. Les hommes profitent de ce moment pour honorer la nature qui les soumet par ses aléas.

C’est aussi le passage d’une année à une autre (sorte de nouvel an) et d’un monde à l’autre (celui des morts). Pendant quelques jours, les hommes sont hors du temps permettant alors les échanges avec les défunts qui reviennent hanter les lieux. Il semblerait toutefois que la Samain n’ait qu’un rapport lointain avec les morts. En effet, la religion celtique nous est mal connue car les Celtes ont laissé peu d’écrits (les sources sur le sujet sont des écrits latins et grecs). La Samain est évoquée dans quelques poèmes et balades.

9e Marche nocturne d'Halloween

Les rites, les gestes et les croyances qui constituent cet événement peuvent différer d’un endroit à un autre. Certains facteurs dominent tels que le feu qui sert aussi bien à faire fuir les mauvais esprits qu’à rassembler la population (en tant que signe de vie), les banquets, les divertissements, les saynètes, les tournées de village, etc. C’est la période des veillées où il fait bon avoir peur en écoutant les légendes. Les jeux, par exemple, ont pour vocation de prédire et de former de nouveaux couples dans le but d’assurer les naissances essentielles à la postérité de la communauté. L’identité des personnes destinées à mourir dans l’année est aussi désignée par les esprits.

La fête d’Halloween ne serait pas une version christianisée de la Samain mais ses rites s’en rapprochent.

La Toussaint et le Jour des morts

Ces deux fêtes chrétiennes suivent Halloween. Mais que signifient-elles ? C’est au VIIIème siècle que le pape Grégoire IV rend la Toussaint obligatoire. Existant dès les débuts du christianisme, cette célébration de tous les saints était auparavant placée le 13 mai. Le pape la transfère le 1 novembre. Le lendemain, le 2 novembre, les chrétiens se réunissent pour commémorer les défunts qui n’ont pas encore atteint le paradis. Avec ces deux fêtes, l’église souhaitait-elle christianiser la Samain celte ? Il est encore difficile aujourd’hui de l’affirmer.

 

Halloween, évolution et adaptation progressive en Europe et en Amérique

Et Halloween dans tout ça ? Au XVIème et XVIIème siècle, la fête tend à disparaître en raison de la chasse aux superstitions et aux croyances moyenâgeuses menée par la Réforme du protestantisme. Ensuite, les croyances liées au surnaturel s’éteignent avec les progrès scientifiques et de l’agriculture. Pour finir, la classe « moyenne » tend à se différencier du petit peuple et de ses traditions vues comme grossières ou osées. La recherche du raffinement met à mal les usages populaires anciens. Avec ces bourgeois se développent aussi les villes. Avec l’urbanisation et l’exode rural émerge un monde nouveau, davantage citadin avec des codes modernes.

Pourtant, Halloween se maintient dans les territoires reculés d’Irlande, d’Ecosse, d’Angleterre et du Pays de Galles, avec des us et coutumes parfois bien différents selon les régions. Et c’est aux Etats-Unis que cette tradition réussit une percée significative grâce à l’arrivée massive de ces migrants. Ces derniers prennent dans leurs valises les traditions de leurs pays.

© FTLB/ L. Aprosio

© FTLB/ L. Aprosio

Halloween, pour les jeunes, les adultes et les enfants

La fête n’a pas toujours eu ce côté enfantin. En cette fin de XIXème siècle, ce sont les migrants qui continuent à la célébrer en petit comité. Ensuite, ce sont les étudiants qui profitent des parades et autres sorties dans la ville pour se rebeller et marquer leur différence par rapport à la société établie. Il n’est plus question de jeux ou de divination comme jadis mais de semer le trouble par de nombreuses farces (menant parfois au vandalisme, voire à l’agression d’autrui).

Les autorités, qui craignent les dérapages de ces jeunes durant cette nuit d’octobre, essayent de faire d’Halloween une fête organisée et surveillée. C’est à ce moment-là que l’accent est mis sur les enfants. On infantilise l’événement et on limite les sorties (et donc les débordements en rue) à la sphère familiale avec un encadrement adulte. Les confiseurs et autres vendeurs de déguisements tentent alors de surfer sur le succès rencontré par cette festivité. Le début de l’aspect commercial est visible dès les années 50, le véritable âge d’or d’Halloween.

Quant au côté « horreur » qui domine largement aujourd’hui (le but est de se faire peur !), c’est beaucoup plus récent ! Dans les années 70, le cinéma et la télévision vont multiplier les films d’épouvante pendant la période d’Halloween. Les maisons hantées à visiter deviennent les « place-to-be ». Dans les années 90, la fête retraverse l’Atlantique pour être réappropriée par les Européens. C’est la fête que l’on connait aujourd’hui.

 

A présent, tout le monde profite et s’empare de cette soirée ! Balades guidées, promenades aux flambeaux, parcours hantés, conférences, parades, contes, ateliers maquillage, Halloween se fête à toutes les sauces aussi bien par les enfants que les adultes.

 

 

 

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